KAÏDIN-MONIQUE LE HOUELLEUR

Née à Hué, au Vietnam, Kaïdin-Monique Le Houelleur est vietnamienne par sa mère, française par son père, africaine d’adoption depuis l’âge de dix-sept ans. Passée par le Tchad, la République Centrafricaine, le Congo, elle réside et travaille maintenant en Côte d’Ivoire où elle a obtenu la nationalité ivoirienne.

Autodidacte, elle réalise en 1977, à Abidjan, sa première sculpture monumentale en acier (H. 7m) pour le Ministère des Finances. À partir de 1980, elle aborde le marbre dans l’atelier Giorgio Angeli à Querceta en Italie où elle travaille notamment avec le sculpteur Isamu Noguchi.
Un premier voyage dans le désert avec Mano Dayak en 1981 lui fait découvrir le Ténéré et le monde Touareg. Elle continuera pendant plusieurs années à parcourir le Niger, le Mali, le Burkina Faso et la Côte d’Ivoire.
En 1985, elle réalise « L’Offrande », une œuvre monumentale en marbre blanc (H.7m) pour la Cathédrale St-Paul d’Abidjan.
Ses voyages et sa vie en Afrique exercent un changement dans sa démarche artistique. Sa rencontre, en 1985, avec le peintre Gérard Fromanger, sera décisive. Commencent alors les « Bilokos » (bagages en langue sangho), un travail axé sur le mental, tourné vers le « sacré », le symbolisme de la culture africaine. La même année, Kaïdin MLH présente ce travail à l’écrivain et critique d’art Alain Jouffroy.
De 1985 à 1993, elle s’investit également dans la vie artistique et culturelle de la Côte d’Ivoire. Elle organise, entre autres, avec Gérard Fromanger, en 1988 au Centre Georges Pompidou, l’exposition « La Côte d’Ivoire au quotidien, panorama culturel ivoirien ».
En 1996, elle part avec les photographes Françoise Huguier, Vincent Fougères d’Abidjan à Tombouctou, pour réaliser de nombreuses installations in situ à travers le sahel et le désert pour le livre « De Sable, d’Eau et de Sel » publié aux éditions Adam Biro, avec des textes de Alain Jouffroy, Jacques Leenhardt, Yacouba Konaté.
Ce travail de créations éphémères, qui lui permet une implication encore plus approfondie dans la nature, Kaïdin MLH le poursuit en 1999, en Côte d’Ivoire, au cœur de la forêt de Taï, forêt primaire classée patrimoine de l’humanité. Accompagnée du photographe Vincent Fougères, du réalisateur Stéphane Boni Boni Seka, elle rapporte de cette deuxième aventure, un film vidéo, ainsi que des photos des installations, des dessins et un carnet de voyage pour le livre « Forêts Secrètes – Secrets d’Eau ».

« en 2006 et 2007, K MLH , après avoir séjourné à Tiébélé au Burkina Faso, avec les femmes Kassena, qui peignent les murs des cases et leur avoir appris à peindre sur du tapa (écorce d’arbre) est invitée avec ces femmes paysannes artistes à un festival en Chine , d’art populaire, elles feront également une fresque au Musée des Arts Premiers à Paris-

2007/2008 - parcours au Japon sur les traces du poète Matsuo Bashô , Maître du Haïku (17 ème siècle)

Connue pour son engagement en Côte d’Ivoire, Kaïdin-Monique Le Houelleur
et Hubert le Houelleur ont eu l’immense privilège de recevoir Leurs Altesses Impériales le Prince et la Princesse TAKAMADO, en 1993, lors de leur visite en Afrique de l’Ouest ..
A ouvert également sa maison aux artistes et aux écrivains. Ainsi Jean-Michel Basquiat découvrira lors de sa venue, le pays Sénoufo. Nicolas Alquin, Alain Borer, Miguel Barcello, Gérard Fromanger, Félix Guattari, Alain Jouffroy, Jacques Leenhardt, Jean-Louis Pradel furent aussi ses hôtes.

"....Etant parvenue à dominer son initiale culture européenne d’artiste sculpteur abstrait, puisqu’elle a commencé par des œuvres en marbre et en bronze répondant à des commandes publiques de monuments, Kaïdin Monique Le Houelleur a inventé une nouvelle poétique de l’objet errant, dont le caractère magique de fétiche, de message codé ou divinatoire lui sert à élaborer un langage symbolique et une mythologie qui lui sont propres."

Alain Jouffroy, à propos de Kaïdin Monique Le Houelleur