Le BILOKO en langue Sangho, (République Centre Africaine), veut dire bagage. Dans la tradition africaine, le nécessaire de voyage du nomade, sa natte, sa gourde, ses grisgris... outils pour travailler dans la brousse, aux champs, la machette incontournable... L'Afrique est d'abord rurale, même en ville, elle reste imprégnée de culture paysanne. Du biloko physique, bagage composé d'objets et matériaux divers, j'en ai fait un bagage mental, en y ajoutant des éléments de fétiche, ces objets qui relient l'Africain au monde des Génies, au monde de l'Invisible, des forces des Esprits, de la nature, omniprésents dans leur vie.

(Kaidin Monique le Houelleur)

Monique le Houelleur :
les bilokos ...

Ses Bilokos dressent ainsi dans l'espace des présences qui, sans elle, seraient demeurées invisibles, ou inaccessibles. Leur aspect de "personnages" féminins, ou masculins, en fait des doubles du corp physique, tels que peuvent les reconstituer des objets : le moindre fil de fer, la moindre plume, une peau de serpent, un morceau de pneu, un miroir, des ficelles, des cranes d'animaux sont en effet chargés, à ses yeux, d'un pouvoir qui les libère du contexte quotidien dont ils font partie.

(Extrait texte d'Alain Jouffroy)

artiste ivoirienne mano izquierda